Rentrée économique et récession (épisode 1)

Ca y est, c’est officiel, l’économie Française est entrée en récession. Le premier Ministre François Fillon, sa ministre de l’économie Christine Lagarde ne peuvent que constater la réalité. Nous avons droit à des commentaires volontaristes sur ce qui est ou sera fait pour essayer d’inverser la tendance, mais hors les déclarations d’intention tous savent  bien que la capacité d’influence à court terme du gouvernement sur le cours des évènements économiques est nul ou presque.

 

Plutôt que nous lamenter ou guetter au loin l’arrivée de la croissance galopant sur son fier destrier et distribuant des emplois sur son passage, il est plutôt temps de nous poser des questions de fond.

 

Le modèle de bien être par la croissance économique est le seul modèle ? Est-il viable ? Faut-il tout faire pour l’atteindre ? Quels sont les modèles alternatifs ?

 

Le principe de croissance est lié à la création de valeur économique. Le PIB d’hier est inférieur à celui de demain, et la différence mesure notre capacité à produire et vendre davantage. Davantage produits de consommation, davantage de services, et donc davantage d’emplois pour les réaliser. L’équation «  croissance = emploi= bien être » parait imparable.

 

Un premier grippage de ce moteur bien huilé est constitué par le coût de la croissance, en énergie, en matière, en contribution négative sur notre environnement. Nous savons que nous vivons dans un monde fini, dans le sens de non extensible, et tant les ressources naturelles que la capacité de l’environnement à absorber la pollution humaine sont limitées.

 

Un second effet est la productivité. L’amélioration de la productivité, vitale aux entreprises dans un contexte de concurrence mondialisé, consiste à réduire le besoin de main d’œuvre pour la même production. Conséquence : Pour ne serait-ce que maintenir l’emploi à périmètre égal, il faut de la croissance. L’équation n’est donc pas aussi linéaire qu’il parait, dans la mesure où la dynamique économique de la croissance implique une croissance future nécessaire. La croissance nécessite la croissance dans une sorte de danse qui ne peut prendre fin sans que les danseurs s’écroulent.

 

Un troisième grippage du moteur plus fondamental encore, consiste à se poser la question du sens : le bien être a-t-il un lien avec la croissance, ou la croissance est-elle generatrice de bien etre?

 

A suivre (voir épisode 2)…

 

 

Daniel

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